Un court-métrage de Eric Ledune, 15 minutes, 
une coproduction Lardux Films – Got! Oh my Got, Midralgar et Arte France, préachat Arte France 

Camille, 5-6 ans, n’aime pas le ski, ni les restaurants trop chics et pose un regard naïf et frondeur sur son papa trader qui se rêve en Loup de Wall Street.
Du fric facile au mépris des plus pauvres, elle observe avec candeur les dérives d’une société capitaliste en pleine crise qui vont faire passer son cher papa de grandeur à décadence…
Mais la jeune Camille pourra-t-elle échapper à l’appel aguicheur de ce
monde néolibéral ?

«Camille» (titre provisoire) est dans la lignée de ce que j’appelle mes films «politiques». Des courts métrages qui posent un regard interrogateur et critique sur le fonctionnement de notre société contemporaine.
Comme «Pornography» et «Do-it-yourself», ce nouveau projet cherche à mettre le doigt sur certaines dérives et, surtout, sur les contradictions d’un capitalisme toujours aussi débridé. Et quels symboles plus éclatants de ce libéralisme économique radieux que le BEL 20, le CAC 40, le NASDA Q, et ces jeunes «Golden traders», longtemps présentés comme des parangons de la réussite absolue ? Même si après la crise bancaire de 2007-2008, on nous a laissé croire qu’on allait «assainir tout ce milieu et rendre le Capitalisme enfin moral» (sic!).
La Commission européenne avait alors décidé que les organismes bancaires devraient scinder leurs activités de spéculation, de celles liées au véritable métier de banque (crédit, épargne et circulation de l’argent). Mais, les pressions politiques alliées à ces mêmes institutions, ont amené la Commission à renoncer à ce projet moralisateur. Elle vient d’ailleurs de le retirer de son programme ! Tout ce qui avait été prévu pour assainir le milieu et protéger l’épargnant a été définitivement enterré; aux oubliettes l’interdiction faite aux traders de parier sur les cours d’actions qu’ils ne détiennent pas. Le seul changement notable est que les traders et les agissements à risques des banques ont disparu… du devant de l’actualité !
La finance et ses petits soldats sont exactement dans le même état qu’il y a 12 ans. Les marchés restent toujours aussi exubérants, les indices financiers, comme la bulle immobilière, ont dépassé les sommets atteints avant la crise et le système économique est toujours assis sur une montagne de dettes, en majeure partie insolvable. On a beau répéter, experts à l’appui, que ce capitalisme-là est à bout de souffle, que nous sommes tout proche d’une prochaine crise bien plus importante encore, ce système continue pourtant à modeler le monde, la pensée et la culture.
L’histoire de Jérôme Kerviel, ce jeune loup de la finance qui fera «s’envoler» les milliards de la Société Générale, a évidemment été une des références pour ce projet. Le jeune courtier, à la fois coupable et victime, soldat actif et esclave consentant d’un système devenu incontrôlable, a fini broyé, telle la victime expiatoire dont le libéralisme avait besoin pour continuer son chemin en toute bonne conscience. Mais cela signifie t’il pour autant qu’il n’y a pas de nouveau Kerviel ?
Ramener le projet de ce film à une dimension plus personnalisée, plus individuelle que mes précédents opus, m’a semblé important.
«Camille» (titre provisoire) sera donc l’histoire, entre grandeur et  décadence, d’un jeune agent de change, un «trader», un «Loup de
Wall Street» à la sauce franco-belge.
Il restait à trouver le point de vue et la forme du film…